Temps de jeu:
1998 minutes
Si vous m’aviez demandé ce que je pensais de [b][i]Quantum Conundrum[/i][/b] après mon premier run (8/9h en ligne droite, sans m’attarder sur aucun des deux DLC), je vous aurais sans doute répondu, en substance : [i]mouais, bof[/i]. Presque quatre ans plus tard, poussé par un accès de collectionnite completiste, je donne à nouveau sa chance au rejeton d’une dénommée [i]Kim Swift[/i], autrefois [i]lead designer[/i] d’un certain… [i][b]Portal[/b][/i]. Voilà qui donne le ton !
Un second run, donc, qui m’a permis d’apprécier à sa juste valeur [i][b]Quantum Conundrum[/b][/i] – traduisez par [i]problème quantique intriqué[/i]. L’aspect quantique vient du timing qu’il vous faudra respecter afin de surmonter nombre de situations, timing parfois si serré qu’il ne laisse aucune place à l’approximation. Un poil frustrant, j’en conviens, mais ô combien jouissif lorsque vous venez à bout des obstacles. Soit dit en passant, dévaluer ce jeu au seul prétexte qu’il est de temps à autre difficile et exigeant me semble malhonnête. Beaucoup plus difficile et exigeant que son illustre aîné, à mon humble avis.
Entre nous, ce n’est aucunement un hasard si j’ai en quelque sorte dédaigné d’en faire une review, voilà quatre ans de cela. Et pour cause, j’étais alors dans cette situation où la frustration l’emporte sur le plaisir, conscient néanmoins que je n’avais pas retiré de la chose sa substantifique moelle. Bref, voilà qui est corrigé. Donc, en un mot comme en cent : non, [b][i]Quantum Conundrum[/i][/b] n’est pas un ersatz insipide de [i][b]Portal[/b][/i] !
Au contraire, il mérite amplement votre attention, pour peu que vous prisiez le puzzle-plateformer. Il ne brille certes pas par ses graphismes, encore que son aspect cartoon vieillisse très bien, ni par ses décors, vite redondants, ou son histoire, quant à elle anecdotique. On peut lui reprocher une courbe de difficulté un rien erratique, un vilain défaut qui l’accompagnera d’ailleurs jusque dans ses DLC. En revanche, nul ne peut lui reprocher d’être difficile parce que mal conçu, ça non !
À chaque problème, sa solution. Rien n’est laissé au hasard et si vous comptez trop sur lui pour vous sortir du pétrin, c’est que vous êtes très certainement passé à côté d’un détail. Les mécaniques sont vraiment bien intriquées, au point que le jeu, à travers sa cinquantaine de niveaux parfois découpés en plusieurs secteurs, me semble avoir fait une utilisation exhaustive des possibles interactions. En dehors des habituels lasers, tapis roulants, plateformes, ventilateurs, interrupteurs et autres boutons, on compte quatre mécaniques principales.
Mais revenons d’abord à l’histoire : vous débarquez chez votre oncle et [spoiler]blablabla[/spoiler], vous voilà bientôt en possession d’un étrange gant, grâce auquel il vous charge de le secourir. Ce gant vous permet en quelque sorte de changer de dimension. En tout, il en existe cinq, sachant que vous ne pourrez bien entendu en activer qu’une seule à la fois :
[list][*]dimension basique, sans caractéristique particulière ;
[*]dimension plume : les objets sont plus légers et fragiles ;
[*]dimension plomb : son exact opposé ;
[*]dimension temps : son écoulement est ralenti ;
[*]dimension gravité : haut et bas sont inversés, sauf en ce qui vous concerne.[/list]
L’accès au pouvoir d’une dimension nécessitera parfois que vous récupériez d’abord la capsule correspondante. Et c’est seulement une fois disposée dans une sorte de réceptacle qu’elle deviendra disponible. Tout cela donne lieu à une très grande variété de situations. Par exemple, un coffre trop lourd à porter sera facilement transportable et pourra même s’envoler sous l’effet d’un ventilateur dans la dimension plume. Une boîte en carton trop légère pour activer un interrupteur pèsera un âne mort dans la dimension plomb. Une série de lasers un peu trop frénétiques ? Un ventilateur et des tapis roulants qui tournent à plein régime ? Pas de problème, passez dans la dimension temps ! Un interrupteur au plafond ? Facile, il suffit d’activer la dimension gravité pour y envoyer un coffre. Même avec une boîte en carton, l’élan étant conservé, il vous suffira de gérer le timing et de passer dans la dimension plomb.
Allez, un dernier pour la route, mais vraiment parce que vous insistez ! Entre vous et la sortie se trouve un gouffre, a priori infranchissable... Infranchissable ? Sûrement pas ! Attrapez donc un canapé dans la dimension plume, balancez-le au-dessus du vide et ralentissez le temps. L’élan est conservé, vous vous souvenez ? Sautez sur le canapé, installez-vous confortablement avec une petite mousse et des cacahuètes, puis activez, désactivez successivement gravité pour conduire ledit canapé vers la sortie, dans une trajectoire oscillante.
Je pourrais poursuivre encore longtemps que je n’aurais pas fait le tour de la question, c’est vous dire. Toutes ces subtilités sont au pire suggérées, au mieux amenées avec beaucoup d’ingéniosité et une certaine pédagogie. Rendons tout de même à César ce qui est à César : merci tonton ! L’aspect parfois ardu et – à tort – hasardeux du jeu vient donc du fait que sont intriquées toutes ces mécaniques, le timing, mais aussi et surtout le comportement physique des éléments mouvants - boîtes, coffres, balles, mobilier et j'en passe. Vous l’aurez compris, la situation peut très vite vous échapper…
Il me reste enfin à vous parler de trois choses. D’abord, son prix, très abordable : une dizaine d’euros ; seize si vous optez pour les DLC. Ensuite, sa durée de vie et son éventuelle rejouabilité, l’une dépendant de l’autre, bien entendu. Comptez une douzaine d’heures en ligne droite, DLC compris. Au bas mot trois fois plus, si vous envisagez de remplir les objectifs fixés dans chacun des niveaux : ne pas mourir, arriver à la sortie dans le temps imparti ou sans dépasser un certain nombre de changements de dimensions.
En ce qui me concerne, j’ai à peu près fait le tour de la bête. Oui, à peu près. J’avoue avoir rendu les armes face à certains objectifs des niveaux des deux DLC. Mais avec le sourire, c’est déjà pas mal !
[h1]Verdict : 4/5 - Très bon, une valeur sûre ![/h1]
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