Temps de jeu:
358 minutes
[i]Lentement, vous vous éveillez. Autour de vous, tout n'est que ruine. Le métal est rouillé, le bois vermoulu et la végétation a de longue date repris ses droits, même si les brins d'herbe qui percent çà et là à travers le sol délabré se sont à l'évidence flétris. Vous balayez la pièce du regard : une cuisine, une table, une chaise, puis une bibliothèque dont les étagères, déjà de guingois, ne résisteront plus longtemps aux assauts du temps. Et votre lit, bien sûr, surmonté d'un matelas crasseux. Tout à coup, une feuille de papier volète depuis l'extérieur jusqu'au milieu de la pièce, puis, après plusieurs va-et- vient, se pose délicatement sur le sol.
Vous la ramassez. Sur cette feuille, un dessin : celui d'un enfant qui se tient aux côtés de trois fleurs bleues, d'une taille disproportionnée. L'oeuvre d'un gosse, sans l'ombre d'un doute. Vos yeux sont alors attirés par l'endroit d'où est venu le croquis. La lumière... dieu qu'elle paraît pure ! Aveuglante, presque. Vous vous approchez du balcon... pour mieux reculer, hébété, l'instant d'après. Elle est si vive, si intense, que vous avez cru mourir, l'espace d'une seconde. Elle vous aurait brûlé les yeux, pour un peu. Elle vous aurait peut-être même consumé tout entier. L'image d'un papillon hante encore votre esprit, quand vous vous apercevez que des documents, détériorés mais lisibles, traînent ici et là. Enfin, lisibles... pour qui sait décrypter ces symboles ésotériques.
Tant de questions vous assaillent : que diable faites-vous ici ? Et où se trouve cet 'ici', au juste ? Que peut-il bien s'y être passé ? Que sont devenus tous ceux qui habitaient ce bâtiment ? Vous êtes désemparé, sans compter que votre crâne semble bientôt sur le point d'exploser. Cette lumière, qu'elle était puissante ! Vous vous rallongez. Hélas, rien n'y fait, le sommeil vous fuit. Vous décidez de vous relever, afin d'explorer les lieux. Mais prudence est mère de sureté. De toute façon, vous êtes exténué... Chaque mouvement vous coûte, alors vous avancez. Lentement.
Etrange. Cette déchéance depuis longtemps consommée posséde quelque chose de fascinant. Elle serait presque belle. A grand peine, vous vous traînez jusqu'à l'appartement voisin. Qui, malheureusement, ne vous apprend rien de plus. Vous demeurez toujours aussi hermétique aux symboles éparpillés sur les quelques documents que vous parvenez à dénicher. Dans la salle de bain, vous découvrez un peu d'eau, au fond d'une baignoire mangée par la rouille. Impropre à la consommation, il va de soi, mais peut-être salutaire pour les [spoiler]herbes qui agonisent sur le sol de l'appartement où vous vous êtes éveillé[/spoiler]. Si seulement vous aviez [spoiler]un récipient[/spoiler]...
Et ensuite ? Vos questions seront toujours bel et bien là, sans réponse. Vous êtes perdu. Vous regardez à nouveau le dessin du gamin. Il vous rassure, vous ne savez trop pourquoi. Peut-être vous rappelle-t-il quelque chose. Ou quelqu'un. Un parent, un endroit. Votre... passé ? Votre chez-vous ? Et, soudain, le mal du pays vous accable.[/i]
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Un peu de puzzle-game, de simulateur de marche et donc d'exploration - encore qu'on ait vite fait le tour du propriétaire -, une musique de premier ordre (cet air de piano !), une ambiance et une histoire aussi fascinantes que mystérieuses, autant de raisons qui font de [i][b]Homesick[/b][/i] un très bon jeu. Sans même parler du fait qu'il est vraiment beau, avec un travail sur la lumière assez remarquable. D'ailleurs, l'impossibilité pour le joueur de s'en approcher n'est en aucun cas un artifice de tire-au-flanc destiné à s'épargner le travail de modélisation des extérieurs. Je l'ai cru, au départ, à tort. Cet aspect du jeu se justifie complètement !
Peu de choses sont laissées au hasard, en réalité. Chacun de ces documents que j'ai évoqués plus haut est bien davantage qu'un subterfuge dont l'objectif serait de saupoudrer un peu d'interactivité sur un jeu creu. Ils vont longtemps vous paraître incompréhensibles, certes. Pour autant, [i]longtemps[/i] ne signifie pas [i]indéfiniment[/i]. Et il y a alors fort à parier, une fois la chose élucidée, pour que votre curiosité vous pousse à parcourir le jeu une seconde fois avec un oeil neuf. Seulement, je vous en conjure, ne terminez pas [i][b]Homesick[/b][/i] avant de l'avoir satisfaite ! Ce serait donner à son final une intensité moindre.
[u]NB[/u] : Il est bon de préciser, d'une part, que le jeu n'est disponible qu'en anglais et, d'autre part, qu'il a une tendance que vous pourriez trouver fâcheuse à ne jamais prendre le joueur par la main.
[h1]Verdict : 4/5 - Très bon, une valeur sûre ![/h1]
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